À propos

Branko
Benčič

Auteur et conférencier

Mon parcours n’a pas commencé comme une histoire destinée à être racontée. Il a commencé par un départ, par des décisions que je ne savais pas encore expliquer, et par des périodes qui m’ont formé plus profondément que je ne le comprenais alors.

L’homme derrière les titres et les rôles
Je ne peux pas être réduit à un seul rôle. Ma vie s’est construite à travers le mouvement, les passages, les responsabilités, la famille, l’ailleurs, la terre, les projets, le travail concret et l’écriture.

L’homme derrière les titres et les rôles

Au fil de ma vie, j’ai porté plusieurs titres et rempli plusieurs rôles. J’ai été soldat, commando, responsable d’équipes, directeur, coordinateur de projets, mari, père, grand-père, auteur et conférencier. Chacun de ces rôles a appartenu à une époque. Aucun ne suffit à dire l’ensemble.

Les titres changent, les milieux aussi. Ce qui reste se voit ailleurs : dans la manière de travailler, d’assumer ce qui doit l’être, de se comporter avec les autres et de réagir lorsqu’il n’y a plus de place pour les excuses.

C’est pourquoi je ne vois pas ma vie comme une collection de réussites, mais comme une succession de périodes qui m’ont appris qu’un homme doit d’abord savoir tenir debout dans sa propre vie.

La Légion, un cadre qui m’a formé

La Légion étrangère a été l’une des périodes qui m’ont le plus profondément marqué. Non comme un mythe ou un sujet à glorifier, mais comme un cadre où l’ordre, la discipline, l’effort, l’appartenance et les conséquences prenaient une forme concrète.

C’est là que j’ai découvert une structure intérieure qui ne se comprend pas seulement avec des mots. Elle se vit. Dans un tel environnement, on apprend vite que les mots pèsent peu s’ils ne sont pas suivis par les actes.

Cette période est devenue plus tard le socle de la trilogie LEGIONAR. Elle ne résume pourtant pas mon identité d’aujourd’hui. Elle fait partie de mon histoire ; elle n’en est pas l’aboutissement.

Recommencer

Après la vie militaire, je suis revenu dans un monde où les savoir-faire acquis jusque-là n’avaient plus la même valeur. La vitesse d’exécution, l’endurance, la précision au tir, les réflexes du cadre militaire et la capacité à tenir dans l’effort ne suffisaient plus à construire une vie civile. À la maison, il y avait ma femme, trois jeunes enfants, et une question simple : comment recommencer.

J’ai acheté une vieille propriété délabrée et je me suis mis à des tâches que je connaissais très peu au départ. La terre, les animaux, la vigne, les outils, les clôtures, le bois, le métal et le quotidien m’ont appris une autre forme de persévérance. Ce n’était pas la campagne romantique, mais un départ à zéro : des erreurs, de l’apprentissage, de la fatigue, de grosses dépenses et des revenus qui ne couvraient pas ce qu’il fallait investir.

Dans ces conditions, une famille ne pouvait pas se contenter de tenir. Elle devait vivre. Ce constat m’a poussé vers d’autres horizons professionnels. La terre a laissé place aux projets, les travaux du quotidien à des responsabilités dans de plus grands systèmes. Le cadre avait changé, mais j’y ai porté la même exigence intérieure : l’effort, le sens, l’ordre et la discipline.

Je n’ai pas quitté l’agriculture par caprice ou par lassitude. Je l’ai quittée parce que la vie exigeait une décision. Ma famille avait besoin d’une base plus stable, et cette base, je ne pouvais plus la construire là de la même manière. Il fallait repartir, non pour fuir, mais pour bâtir autrement.

Pour moi, ce n’est pas seulement un lieu de vie. C’est un endroit où, après de longs départs et de nombreux retours, le lien entre le travail, la maison et la direction prise redevient visible.

Le monde, la responsabilité et le travail avec les autres

Ma vie et mon travail m’ont mené dans des environnements internationaux très différents : l’Afrique, l’Amérique du Sud, le Moyen-Orient, des cadres francophones et anglophones, les secteurs du pétrole, du gaz et des mines, les systèmes de sécurité, les grands projets et les situations exigeantes. Tout cela a élargi mon regard sur les autres et sur le monde.

Dans ces contextes, la responsabilité ne se vérifiait pas dans les plans, mais sur le terrain : un système devait fonctionner, les personnes devaient rester en sécurité, et les décisions devaient être assumées jusque dans leurs conséquences. Parfois, les équipes étaient réduites. D’autres fois, les structures étaient vastes et complexes. Dans tous les cas, la même question demeurait : savais-je porter ma part de responsabilité ?

Ces années m’ont aussi appris que chaque environnement demande une approche différente, mais qu’un homme doit garder sa mesure, sa lucidité et le respect des personnes avec lesquelles il travaille.

Attitude intérieure

J’ai appris à ne pas attendre des conditions parfaites, à ne pas me réfugier derrière des excuses, à accepter les passages, à faire ce qui doit être fait et à avancer.

Branko Benčič près d’une construction en bois dans un cadre familial
L’expérience ne se dit pas seulement avec des mots. Elle se reconnaît aussi dans les gestes, les lieux et la discipline du quotidien.

Maison, famille et travail manuel

Quoi que j’aie traversé, la famille est restée mon noyau personnel. On ne choisit pas sa famille au sens large. La famille proche, elle, est un engagement que l’on reprend sans cesse, non par de grands mots, mais par des actes.

Les enfants grandissent et avancent chacun dans leur propre vie. C’est dans l’ordre des choses. Ma place de père a changé avec le temps, comme celle de grand-père. Parfois j’ai guidé, parfois j’ai simplement été présent, et parfois j’ai dû apprendre à me retirer.

Avec ma femme, nous avons traversé au fil des années des périodes très différentes. Aujourd’hui, cela compte beaucoup pour moi qu’après tout cela nous marchions encore main dans la main. Je ne l’écris pas pour produire un bel effet. Je l’écris parce qu’avec les années je comprends ce que signifie être encore côte à côte.

Aujourd’hui, la maison me relie à quelque chose de concret : la terre, l’eau, le bois, le métal, les animaux, les gestes simples du quotidien. Elle ne sert pas à montrer ce que je sais faire seul. Elle me ramène à un ordre simple. Après des années de grands systèmes, de voyages et de responsabilités, ces gestes me remettent à ma juste place : prendre quelque chose en main, réparer, planter, mettre en ordre, terminer.

Écrire pour donner forme à ce qui a été vécu

La trilogie LEGIONAR n’est pas née d’une volonté de spectacle. Elle est née du besoin de mettre par écrit une période de vie avec précision, sobriété et sans embellissement.

Écrire me permet de donner une forme à ce qui a été vécu, pour que cela reste. Non parce que mon expérience serait plus importante que celle des autres, mais parce que toute vie menée jusqu’au bout porte son propre poids.

Les conférences viennent du même besoin de transmettre, mais elles ne répètent pas le livre. Le livre fixe une trace écrite. La parole ouvre la rencontre en direct. Dans les deux cas, je parle à partir de ce que j’ai vécu. Je ne propose pas de raccourcis ; chacun reste responsable de la part qui lui revient.

Ce qui reste

J’ai appris que chaque manière de vivre a sa valeur. Aucune n’est en soi plus grande qu’une autre. Chacune enseigne quelque chose si elle est vraiment vécue.

Ma vie m’a conduit à travers des environnements, des rôles et des épreuves très différents. Certaines périodes ont été dures, d’autres créatrices, certaines ont abouti, d’autres sont restées inachevées. Toutes ont laissé quelque chose.

Aujourd’hui, de tout cela naissent des livres, des conversations et des rencontres. Je ne les propose pas comme une explication de la manière dont quelqu’un devrait vivre, mais comme une transmission calme d’un regard formé par le travail, la responsabilité, la famille, les erreurs, la persévérance et le temps.